La Howrah Women’s Association (l’Association des femmes de Howra) a vu le jour en 1975, l’Année internationale de la Femme. L’association fut mise sur pied par un groupe de femmes riches, horrifiées d’apprendre qu’une jeune fille avait été violée et battue par ses employeurs. Elles ont décidé de faire une différence. Bon nombre des membres originales étaient de jeunes femmes venues de petits villages pour travailler comme domestiques, devenues esclaves. D’autres avaient été abusées par leur mari et par leur belle-famille pour avoir eu une dot insuffisante. Leur seul moyen de s’en sortir était la prostitution. Bien qu’officiellement illégale, la tradition de la dot, qui exige que l’épouse offre des cadeaux luxueux à son mari et à sa famille, est toujours suivie par la plupart des familles. Cette tradition perpétue l’idée que la femme est un poids et est une des causes principales de la violence conjugale en Inde.
Aujourd’hui, la Howrah Women’s Association embauche 20 artisanes (musulmanes, sikhes et hindoues), qui fabriquent des poupées ornementales, des guirlandes et des articles en tissu colorés. L’organisation, située à Howrah, un village séparé de Kolkata par la rivière Hoogly, fournit des emplois bien appréciés. Pour certaines des jeunes femmes, ce travail est productif et satisfaisant, et il constitue une raison de remettre le mariage jusqu’à l’âge de 22 ou 23 ans, dans un pays ou les mariages peuvent être arrangés dès l’âge de 12 ans. Pour d’autres femmes, le travail à la Howrah Women’s Association est une occasion d’apprendre de nouvelles techniques et de prendre en charge des postes de responsabilité.
Bien que, dans certaines parties de la société indienne, seuls les anniversaires des hommes soient soulignés, chez Howrah, la fête de chaque femme est célébrée. L’association Howrah offre des cours d’alphabétisation et dirige un programme de santé et un centre de consultation familiale. Ils fournissent une éducation informelle aux enfants des travailleuses du sexe qui sont bannis des écoles car ils n’ont pas de père. Les femmes ont également la chance de participer à une troupe de théâtre et de présenter leurs pièces dans les rues de leurs communautés et villages. Les membres de la troupe écrivent leur propre matériel, s’attaquant à des sujets chauds tels que la dot, l’abus d’alcool, la planification familiale, les drogues, la malaria et le sida.